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Toronto, me voilà

Le temps passe vite, j’ai des milliers de questions et remises en question en tête, toute une vie à construire dans cette nouvelle ville, mais il est temps de faire une pause pour vous raconter mes premières aventures. Mon dernier article se concluait sur mon retour en France. Le suivant s’ouvre dans un petit café de Toronto, avec Neil Young en fond sonore (un enfant du pays).


Je pensais que le retour en France serait le bon moment pour faire une conclusion sur tout ce que cette année m’a apporté. Je me suis souvent demandée « est-ce que j’ai changé ? ». Un an de voyage sans travail ni logement, loin de sa zone de confort, un an de vie dans un nouveau pays et souvent loin de la ville, forcément, ça marque une personne. J’ai cru que ce serait plus flagrant une fois rentrée en France, de retour dans mon ancien environnement. Sauf, que je suis revenue et qu’au bout de deux jours, le Canada me semblait déjà à des années-lumières, comme si je n’étais jamais partie. Quelle frustration par moment. Cette capacité qu’on a de se mettre dans un nouveau quotidien en quelques minutes. En revoyant des amis et de la famille après si longtemps, j’en aurai presque oublié que j’étais partie. « Le Canada ? Ah oui, c’est vrai que j’y suis partie ».

Les premiers temps, j’étais tout au plaisir de retrouver le pays et les proches. J’ai retrouvé la nourriture que je fantasmais depuis des mois au Canada, j’ai joué avec Suzanne et Maël, j’ai fais la fête avec les amis…
Le deuxième mois, mon esprit était déjà à Toronto. Mélange d’excitation et de peurs, le cocktail parfait pour vous empêcher de dormir. Vais-je trouver un logement dans cette ville chère ou tous les logements souffrent de la concurrence ? Vais-je trouver un boulot qui me permette de payer mes factures ? Vais-je trouver un travail intéressant ? Mais le problème, c’est, quel travail ai-je envie de faire ?

Pour moi, l’installation à Toronto est autant une expérience de vie dans un pays étranger, qu’un nouveau départ et la chance et la volonté de changer de vie, changer de carrière. Beaucoup de questions qui tournaient dans ma tête alors que je passais des journées très calmes à Vannes. Il était temps de partir.

Je suis arrivée à Toronto lundi dernier via New-York : un vol low-cost assez désagréable jusqu’à New-York puis 12 h de bus jusqu’à Toronto. Pourquoi ce trajet ? Et bien pour une question de coût et aussi parce que c’était l’occasion de faire un nouvel arrêt à New-York (oui, j’en suis à ma quatrième visite.). Le voyage est parti du mauvais pied, entre une hôtesse de l’air pointilleuse qui a tenté de me persuader que mon Permis pour le Canada ne me permettrait pas d’y rentrer à nouveau dans le pays (stupide mention sur le papier qui est assez incompréhensible) et m’a fait acheter un billet d’avion New-York – Paris pour avoir la preuve que je quitterai bien les USA (quel pays accueillant avec ses touristes…). Ca ferait l’objet d’un superbe article à lui tout seul, mais je n’ai pas l’énergie de m’étendre sur le sujet. Disons juste que si j’étais superstitieuse, j’y aurais vu un mauvais signe de départ. J’y vois plutôt, que le voyage ne se fait pas sans quelques galères et voyage de France au Canada, pour moi comme la première fois, est toujours compliqué et fatiguant.

Laissons tout derrière nous parce que ça y est, je suis à Toronto baby !
J’aurai l’occasion de revenir plus en détail sur ma vie sur place, la recherche d’un logement, d’un travail. Il va falloir que j’écrive ces articles très vite, parce que vu tout ce que j’ai accompli en une semaine, je suis déjà très en retard. J’ai trop de choses en tête cette semaine pour écrire plus tôt.

Alors commençons par une petite présentation de mon nouveau lieu de vie :
Toronto, plus grand centre financier et industriel du pays et capital de l’Ontario, est la quatrième ville la plus peuplée d’Amérique du Nord. Multiculturelle, c’est l’une des villes les plus diversifiée du monde sur le plan Ethnique. La moitié des habitants ici sont nés hors du Canada. C’est bien simple, ici tout le monde un accent. Une amie rentrée l’année dernière au Québec et installée ici, me fait que sur le plateau du call-center où elle travaille, elle a recensé des gens d’au moins 25 pays différents.



La ville, qui s’étend au bord de l’immense lac de l’Ontario, est très américaine. Elle est constituée de quartiers comme Chinatown, Little Italy, Little Portugal, Greek Town, Korea Town… Avant d’y venir, j’avais une image très building de la ville, à l’image de Manhattan. Alors que dés qu’on sort du downtown, on tombe sur des rues un peu ancienne, avec des immeubles bas en briques et surtout beaucoup de maisons mitoyennes de style victorien. Ca a beaucoup de charme. Les rues sont assez tranquilles, avec beaucoup de cafés, de restaurants et de boutiques vintages. Pas du tout la grosse financière sans charme comme le sont certaines villes américaines (Calgary oui, c’est notamment à toi que je pense). Kesington Market, un quartier connu pour ses restaurants vieillots et ses magasins de friperies cachées dans d’anciennes maisons, évoquerait beaucoup plus Londres. On la compare aussi de plus en plus à New-York. D’ailleurs, de nombreux films sensés se passer à NYC sont tournés ici, c’est Hollywood du Nord.


Ce que j’aime ici, comme avec toutes les villes américaines, c’est qu’il est très facile de s’y retrouver. C’est un gros quadrillage posé au bord d’un lac. Du coup, vous avez vite fait de connaître le nom des rues, il n’y en a pas beaucoup et elles traversent toute la ville. Entre le lac au Sud, la CN Tower qu’on voit de partout et les rues en quadrillages, on arrive toujours à reconnaître le nord du sud. Et croyez-moi, si moi, j’arrive à me repérer, c’est que tout le monde le peut.
Comme à NYC et ailleurs, on parle en croisement de rue, et franchement, pour trouver un restaurant ou savoir où quelqu’un vit, c’est rudement pratique. Pareil pour les transports. En dehors de pauvres lignes de métro, c’est le tram qui roule. Ils ne sont pas bien développés, vieux tout le monde s’en plein, mais une ligne fait une rue, et s’arrête pratiquement à chaque carrefour du coup facile de comprendre laquelle prendre et où s’arrêter. Moi, je trouve beaucoup de charme à ces vieux trams rouges. Mais c’est vrai qu’ils ne vont pas très vite, parce qu’ils partagent la route avec les voitures.



Le mauvais côté de cette ville, c’est que, attractivité oblige, elle est très chère. Les loyers sont élevés, les transports et les activités aussi. Je trouve cette ville très branchée. Les boutiques de créateurs et de vintages, les salles de Yoga à tous les coins de rue, les évènements culturels très nombreux… Entre les musées, les théâtres (surtout des comédies musicales, on est chez les anglo-saxons), les bars musicaux, je vais avoir de quoi m’amuser cet hiver.

Jeune trentenaire, un peu rêveuse à la conquête du Canada. J'ai quitté ma vie de citadine française, enfilé un sac à dos aussi grand que moi, pour partir à la découverte des grands espaces. Un an de voyage, rencontres, volontariats, paysages à couper le souffle. Et maintenant que je sais couper du bois, cuisiner une poutine et conduire un traîneau, ma nouvelle aventure va s'appeler : survivre dans une grande ville canadienne.

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